Qu'est-ce que le PRP ?
Le PRP, ou plasma riche en plaquettes, est une technique d'orthobiologie qui repose sur une idée élégante : utiliser les capacités de réparation de votre propre corps. Les plaquettes, ces petites cellules du sang, ne servent pas qu'à la coagulation. Elles sont aussi une réserve de facteurs de croissance, des molécules qui participent à la cicatrisation et à la régénération des tissus.
Le principe du traitement consiste à prélever un peu de votre sang, à le centrifuger pour concentrer les plaquettes, puis à réinjecter ce concentré au niveau de la zone à traiter — un tendon abîmé, une articulation arthrosique. On mobilise ainsi localement, et à forte dose, les propres agents de réparation du patient.
Comme le produit provient de votre propre sang, il n'y a pas de risque de rejet ni d'allergie au produit lui-même.
Comment se déroule une séance ?
Une séance de PRP suit toujours les mêmes étapes, réalisées au cabinet :
- Prélèvement d'une petite quantité de sang (en général 20 mL), comme pour une prise de sang classique ;
- Centrifugation de ce sang pour séparer et concentrer les plaquettes ;
- Injection du concentré plaquettaire dans la zone ciblée, idéalement sous contrôle échographique pour garantir un placement précis.
Le guidage échographique n'est pas un détail. Comme pour toute infiltration, déposer le produit exactement au bon endroit conditionne le résultat — et permet d'éviter les structures vasculaires et nerveuses voisines.
Le traitement comporte souvent plusieurs injections (1 à 3) espacées de quelques semaines. Un rebond douloureux est possible dans les jours qui suivent.
Le matériel : pourquoi le kit de préparation change tout
Un point mérite d'être expliqué, car il est au cœur de l'efficacité du PRP : tous les PRP ne se valent pas. Les études les plus récentes convergent sur un constat — la concentration en plaquettes du produit injecté influence directement le résultat. Un PRP mal préparé, pauvre ou irrégulier, donnera de moins bons résultats qu'un PRP correctement concentré. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles les études sur le PRP sont si hétérogènes : elles ne parlent pas toujours du même produit.
C'est pourquoi le choix du dispositif de préparation n'est pas un détail technique. Au cabinet, j'utilise le kit OLIN-1 de Biocomed. Ce système présente plusieurs caractéristiques qui comptent pour la qualité du traitement :
- Un système clos « tout-en-un » : le prélèvement, la centrifugation et la récupération du PRP se font dans le même dispositif, avec transfert direct de la seringue ayant servi à la centrifugation à la seringue servant pour l'injection. Cela limite les manipulations et les risques de contamination ;
- Une procédure reproductible en une quinzaine de minutes, réalisée au cabinet ;
- Un PRP à haute concentration en plaquettes, précisément ce que la littérature identifie comme facteur de bon résultat, avec un volume suffisant pour délivrer une dose plaquettaire élevée.
Concrètement, ce choix vise à obtenir un produit régulier d'une séance à l'autre, à concentration maîtrisée. Cette rigueur de préparation est indissociable du sérieux que mérite ce traitement : elle conditionne, en grande partie, le bénéfice que vous pouvez en attendre.
Dans quels cas le propose-t-on ?
Le PRP a deux grands domaines d'application en médecine du sport et de l'appareil locomoteur.
Les tendinopathies. Les meilleures indications sont l'aponévropathie plantaire, l'épicondylite latérale et la tendinopathie d'Achille (hors maladie de Haglund). C'est là que le PRP prend tout son sens, en particulier pour les tendinopathies chroniques et fissuraires qui ne répondent pas aux traitements de première intention (rééducation, adaptation de l'activité, repos relatif). Il est intéressant de noter que dans ces situations tendineuses, le PRP est parfois préféré aux corticoïdes : là où la cortisone soulage brièvement mais peut retarder la cicatrisation du tendon, le PRP vise au contraire à stimuler cette cicatrisation. C'est une différence de philosophie : soulager en masquant, ou accompagner la réparation.
L'arthrose, notamment du genou (gonarthrose). Le PRP est proposé dans les arthroses débutantes à modérées, lorsque le cartilage conserve un potentiel de réponse. Dans les arthroses très évoluées, où le cartilage est trop usé, son intérêt est limité.
Ce que dit réellement la science : honnêteté sur le niveau de preuve
Sur ce point, je préfère la transparence à l'enthousiasme facile. Le PRP fait l'objet d'un grand nombre d'études, dont les conclusions ne sont pas toutes concordantes — et il est important que vous le sachiez avant d'envisager le traitement. La réalité est que le niveau de preuve varie beaucoup selon l'indication précise, bien plus qu'entre « tendon » et « articulation » pris en bloc.
Les deux indications les mieux étayées sont, d'un côté, l'épicondylite latérale (le « tennis elbow »), où les données récentes montrent un bénéfice sur la douleur et la fonction supérieur au traitement conservateur à long terme ; et de l'autre, l'arthrose débutante du genou et la chondropathie de bas grade, où plusieurs méta-analyses retrouvent une amélioration réelle de la douleur et de la fonction dans les premiers mois, parfois durable jusqu'à un an lorsque le PRP est fortement concentré. Ce sont mes deux indications les plus solides.
Des indications valables mais au niveau de preuve plus modeste : l'aponévrose plantaire et les tendinopathies fissuraires. Les études précliniques montrent que le PRP stimule la cicatrisation tendineuse, mais les séries cliniques restent hétérogènes et des essais randomisés de haute qualité manquent encore. Le bénéfice est réel en pratique, mais la preuve scientifique y est moins ferme.
Un cas particulier, à mentionner honnêtement : le tendon d'Achille. Son intérêt y est débattu. Les recommandations actuelles privilégient nettement les traitements actifs — la rééducation par mise en charge progressive — en première ligne, et un essai de référence n'a pas montré de supériorité du PRP sur un placebo dans cette localisation. Je le propose donc dans des cas sélectionnés, jamais en substitut de la rééducation.
Deux réserves valent pour toutes les indications. D'abord, la qualité et la standardisation de la préparation comptent énormément : concentration en plaquettes, méthode de centrifugation, protocole d'injection influencent directement le résultat, ce qui explique une grande part de l'hétérogénéité des études. Ensuite, le PRP n'est pas indiqué dans les ruptures tendineuses ni dans les arthroses très évoluées.
Ce que j'en retiens en pratique : le PRP est une option sérieuse mais pas miraculeuse, dont le bénéfice dépend beaucoup de la rigueur de préparation et de la justesse de l'indication. Ce n'est pas un traitement à proposer à tout le monde, ni une garantie de résultat. C'est précisément pour cette raison que l'indication doit être posée au cas par cas, après un examen complet.
Les limites et précautions
Le PRP n'est pas remboursé par l'Assurance maladie dans ces indications. Son coût doit être connu et discuté avant de s'engager.
Comme tout geste, il comporte des contre-indications (certaines maladies du sang, infections, traitements particuliers) systématiquement vérifiées en consultation. Et il ne dispense jamais du reste de la prise en charge : la rééducation, la correction des facteurs favorisants et la patience restent indispensables.
En pratique au cabinet de Pontcharra
Au cabinet, le PRP est réalisé sous contrôle échographique, avec une préparation soignée du concentré plaquettaire. L'indication est toujours posée après un examen clinique complet et une échographie diagnostique, afin de vérifier que ce traitement est réellement adapté à votre situation — et de vous exposer honnêtement ce que vous pouvez, ou non, en attendre.
Si vous présentez une tendinopathie chronique rebelle ou une arthrose débutante du genou, une consultation permettra d'évaluer si le PRP a sa place dans votre parcours de soin.
Cet article a une visée d'information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Seul un examen individuel permet de poser une indication et d'apprécier le rapport bénéfice/risque dans votre cas.
Référence, sur l'indication épicondylite latérale : Xu Y et al. « Platelet-Rich Plasma Has Better Results for Long-term Functional Improvement and Pain Relief for Lateral Epicondylitis: A Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Controlled Trials ». The American Journal of Sports Medicine, 2024.